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Les tumeurs palpébrales

Introduction :

Une tumeur est une prolifération tissulaire anormale. Les cellules y sont définitivement altérées et leur croissance est incontrôlée. La tumeur peut être bénigne si sa croissance est lente et bien circonscrite. Au contraire, elle peut être maligne (cancer) dont la croissance est rapide, non circonscrite, infiltrante ou produisant une ulcération avec la capacité d’envoyer des cellules tumorales dans la circulation sanguine qui vont se greffer sur d’autres organes constituant des métastases. La différenciation entre les 2 types est faite devant l’aspect clinique et surtout l’aspect histologique étudié sur un spécimen de la tumeur (biopsie) ou toute la tumeur (exérèse). Les principaux moyens de traitement des tumeurs sont : la chirurgie, la radiothérapie (rayonnements ionisants) et la chimiothérapie (substances antimitotiques).

Les tumeurs des paupières sont variées, se développent à partir des différentes structures palpébrales. Les tumeurs de la peau sont de loin les plus fréquentes.

I- LES TUMEURS BENIGNES :

1- Xanthélasma :

C’est une lésion jaune crémeuse aplatie légèrement surélevée survenant typiquement chez des femmes d’âge moyen ou plus âgées surtout au niveau de la partie médiale des paupières. Elle est due à une accumulation anormale des lipides dans le derme. C’est une lésion bénigne mais qui peut être inesthétique. C’est dans ce cas et sur la demande du patient qu’on peut exciser la lésion.

2- Hydrocytome :

C’est un petit kyste translucide, brillant développé aux dépends des glandes sudoripares, dont l’ouverture fait sortir un liquide clair ou laiteux. Traité par excision totale pour éviter la récidive.

3- Kératoacanthome :

C’est une lésion à croissance rapide, à bords surélevée et arrondies et un cratère central remplie de kératine. Généralement indolore, elle régresse spontanément mais elle peut être confondue avec un cancer.

4- Kératose séborrhéique :

Touche le sujet âgé. Son aspect clinique est très variable dans la taille et le degré de pigmentation ce qui rend sa différentiation d’autres lésions malignes difficile. C’est une lésion lobulée, plane ou pédonculée, à surface cérébriforme. Son traitement est chirurgical quand la lésion est gênante ou quand elle est suspecte.

5- Le kyste d’inclusion épidermique :

La lésion se développe à partir du follicule pileux. Elle est soit spontanée soit séquelle d’une implantation traumatique dans le derme de tissu épidermique. C’est une lésion arrondie, surélevée et lisse. Son traitement est chirurgical.


 

6- Kyste dermoïde et épidermoïde :

C’est un kyste contenant respectivement des éléments dermiques ou épidermiques : follicules pileux, glandes sudoripares et glandes sébacés dont les secrétions contribuent à l’augmentation de volume du kyste. Il siège souvent au niveau de la partie supéro-externe de la paupière supérieure et du sourcil. Sont traitement est chirurgical.

7- Neurofibrome :

C’est une tumeur résultant de la prolifération de tous les éléments d’un nerf périphérique. Elle peut être unique ou multiple infiltrant parfois la paupière supérieure réalisant un névrome pléxiforme responsable d’un ptosis mécanique et dont la chirurgie est difficile.

8- Angiome capillaire :

Tumeur vasculaire qui se voit chez l’enfant. C’est une lésion rougeâtre, surélevée et irrégulière, peut toucher les paupières et parfois l’orbite. Elle est caractérisée par une évolution rapide au début et par la régression souvent spontanée vers l’âge de 3 ans. On ne traite donc que les lésions palpébrales qui cachent l’axe visuel avec risque d’Amblyopie. Dans ce cas, on utilise les corticoïdes qui permettent souvent une régresse rapide de la lésion.

9- Nævus palpébral :

Le nævus est lésion pigmentée de la peau (grain de beauté) qui peut toucher les paupières. Le nævus peut être jonctionnel (épiderme-derme) et se manifeste sous forme d’une tache cutanée pigmentée plane qui se voit chez l’enfant et l’adolescent. Puis il devient surélevé sous forme d’un nodule pigmenté appelé nævus composé. Le nævus intradermique se présente sous forme d’un nodule surélevé peu pigmenté. Les nævi présentent le risque de transformation maligne (mélanome). Les cas suspects ou très gênants bénéficient de l’exérèse chirurgicale avec étude histologique.

II- LES TUMEURS MALIGNES :

1- Epithélioma basocellulaire :

C’est le cancer cutané le plus fréquent. Touche souvent la paupière inférieure. Il évolue progressivement avec une malignité locale. L’exposition chronique au soleil constitue un facteur de risque. Les bords de la tumeur sont surélevés avec un aspect de perles grisâtres et un centré ulcéré. La tumeur au début est localisée à l’épiderme puis commence à envahir les tissus sous-jacents (paupière, conjonctive voire orbite). La forme térébrante de l’épithélioma basocellulaire est caractérisée par l’extension en profondeur avec destruction importante des tissus. L’exérèse totale de la tumeur avec reconstruction de la paupière permet en général la guérison.

2- Epithélioma spinocellulaire :

Il touche rarement la paupière, surtout la conjonctive. Survient souvent chez les sujets âgés sur des lésions précancéreuses telle la kératose actinique sénile, zone d’irritaion chronique, brûlure, cicatrice chéloïde.... Chez le sujet jeune, il peut se voir dans le xeroderma pigmentosum. Il intéresse habituellement la paupière supérieure. La tumeur est plus infiltrante à contours irréguliers avec kératinisation marquée. Quand la lésion touche le bord libre palpébral, elle entraîne la perte des cils à son niveau. L’extension de la tumeur est plus fréquente avec envahissement de la conjonctive et de l’orbite rendant le traitement chirurgical difficile.

3- Carcinome sébacé :

Tumeur hautement maligne, se développe à partir des structures sébacées des paupières (glande de Zeiss, glande de Meibomius). La masse peut être au début sous-cutanée simulant un chalazion. Puis elle augmente de volume avec envahissement fréquent de la marge palpébrale. Les métastases se voit dans 20% des cas touchant surtout le foie et le poumon mettant en jeu le pronostic vital du patient. Le traitement repose sur le diagnostic précoce et l’exérèse large de la tumeur avant l’installation des métastases.

4- Mélanome malin :

Tumeur maligne de la peau aux dépends des mélanocytes. Le mélanome palpébral est rare mais potentiellement mortel du faite des métastases très fréquentes. Plus fréquent chez les sujets de peau claire, et peut résulter de la transformation maligne d’un nævus. Le mélanome apparaît sous forme d’une lésion plane pigmentée parfois nodulaire fortement pigmentée. Le traitement consiste en l’ablation totale de la tumeur (la biopsie est formellement contre-indiquée). Les formes métastatiques sont de traitement difficile avec une chimiothérapie chère et non toujours curative.

 

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