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Les Blépharites |
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Ce sont les affections inflammatoires des paupières particulièrement du bord libre. On en distingue les blépharites chroniques diffuses qui touchent une large partie de la paupière et les blépharites diffuses focalisées (chalazion, orgelet) localisées au niveau d’une partie de la paupière. Blépharites diffuses focalisées :Le chalazion :C’est une lésion fréquente, qui se développe aux dépens des glandes de Meibomius avec souvent comme cause l’obstruction du canal excréteur de la glande, le matériel glandulaire (Meibomium) ainsi accumulé engendre une réaction inflammatoire dans le tarse sous forme d’un granulome. On en distingue plusieurs formes : Le chalazion externe : nodule sous-cutané palpébral ferme à la palpation, peu sensible et de taille variable. Le chalazion interne : visible à l’éversion de la paupière sous forme d’une zone rouge et soulevée de la conjonctive tarsale avec parfois un véritable granulome végétant entraînant parfois un astigmatisme trompeur. Chalazions multiples : plusieurs chalazions sur une même paupière qui en confluant entraînent une tarsite. L’évolution du chalazion est variable, soit il se résorbe spontanément, soit il présente une surinfection et fistulisation à la peau. Enfin, le plus souvent il s’enkyste nécessitant la chirurgie. Formes particulières : en cas de chalazion récidivant il faut suspecter le diabète et réaliser une glycémie et en cas d’aspect atypique il faut faire l’étude histologique pour éliminer un éventuel cancer (adénocarcinome). Le traitement consiste en un traitement médical à base de pommade antibiotique et corticoïde associé à l’application de compresses chaudes et humides avec massage. En cas de persistance du chalazion, l’évacuation chirurgicale est requise. L’orgelet :C’est l’inflammation aiguë staphylococcique d’une glande de Zeiss annexée à un cil (furoncle du cil !). Au début le patient se plaint de gêne puis de douleur franche avec œdème et rougeur localisée sur une partie du bord libre dans sa portion ciliaire, dont la palpation est très douloureuse. 2 à 3 jours après, apparaît un point jaunâtre purulent centré d’un cil puis l’évacuation du pus conduit à l’atténuation de l’inflammation et des douleurs. Le traitement précoce par application de pommade antibiotique et corticoïde plus application de compresses chaudes et humides permet souvent la guérison. Quand le pus est déjà constitué, le plus simple est l’évacuation après avoir arraché le cil incriminé. En cas de récidives, il faut rechercher les causes courantes de fatigue visuelle un terrain allergique ou un diabète. Blépharites chroniques diffuses :C’est l’une des affections les plus fréquentes en ophtalmologie. Sont caractérisées par leur chronicité (évolution et traitement), et la diversité et la complexité des facteurs en cause. 1- Blépharite séborrhéique :C’est la cause la plus fréquente de blépharite marginale. La séborrhée Se caractérise par l’hypersécrétion des glandes sébacées avec un aspect huileux de la peau, touchant souvent le cuir chevelu et la face. Dans la blépharite séborrhéique, le patient se plaint de rougeur, sensation de brûlure et démangeaison de la paupière. L’atteinte est souvent bilatérale, et l’association au dysfonctionnement de la glande de Meibomius est fréquente ainsi qu’à une infection par le staphylocoque. Les cils sont couverts de débris jaunâtres et translucides. Le bord libre est inflammé. Le patient présente souvent des pellicules des cheveux, des sourcils et du conduit auditif externe. Le traitement consiste à enlever les débris séborrhéiques des cils en frottant vigoureusement le bord libre par compresses imbibées de shampoing doux dilué (ex. Johnson's baby Shampoo) au moins une fois par jours. En cas de forte suspicion de surinfection staphylococcique il faut associer une antibiothérapie adaptée. 2- Dysfonctionnement de la glande de Meibomius :Dans cette affection, il y a une modification de la composition de la sécrétion des glandes de Meibomius associé à une hyposécrétion. Les lipases bactériennes libèrent des acides gras qui altèrent les propriétés physicochimiques du film lacrymal et donnent un aspect mousseux du ménisque lacrymal. A l'examen on retrouve une inflammation localisée ou diffuse du bord libre avec télangiectasies (dilatation des petits vaisseaux) autour des orifices des glandes de Meibomius, la pression digitale révèle une hypo ou hypersécrétion meibomienne avec des secrétions mousseuses, granulaires ou pâteuses (normalement sécrétion lipidique claire). L'affection est aggravée par l'infection staphylococcique, la séborrhée et l'acné rosacée. Le traitement repose sur l'hygiène du bord libre, avec application quotidienne des compresses chaudes et humides en expressant la glande. Dans les formes sévères, on a recours aux cyclines (ex. minocycline 50 mg 2x/j) pendant des semaines à quelques mois, en faisant attention aux contre-indications, afin de diminuer la production de lipases bactériennes qui altèrent le film lacrymal. 3- Blépharites infectieuses :L’infection bactérienne du bord libre constitue la cause la plus fréquente de blépharites infectieuses, particulièrement l’infection staphylococcique. a- La blépharite staphylococcique : C’est une cause fréquente de kératito-conjonctivite chronique et récidivante, secondaire à l’infestation directe par le germe qui est normalement présent au niveau de la surface oculaire et par les toxines bactériennes libérées, sa prise en charge est difficile. Le patient se plaint de photophobie, douleurs (brûlures), rougeur larmoiement et trouble visuel. L’examen trouve selon le stade : · Folliculite puis ulcérations de la base des cils couvertes de fibrine qui en séchant forme des croûtes jaunâtres entourant les cils. · Destruction des follicules des cils entraînant leur décoloration (Poliose), leur déformation et raccourcissement avec parfois leur disparition par endroit (madarose). · Association à un orgelet et à des chalazions récidivants. · Conjonctivite papillaire chronique. · Kératite ponctuée superficielle toxique, infiltrats cornéens catarrhaux de la périphérie cornéenne représente une réponse immunologique aux antigènes bactériens. Le traitement de la blépharite staphylococcique comprend en plus de l’hygiène palpébrale, l’application de pommade antibiotique (ex. gel d’acide Fusidique) le soir sur la base des cils pendant au moins 6 semaines associée dans certains cas à l’antibiothérapie par voie générale. b- Autres blépharites bactériennes : D’autres germes peuvent être en cause, nous citerons : Le streptocoque b-hémolytique, le pseudomonas, le proteus et plus rarement la tuberculose, la syphilis et la lèpre. c- Blépharites fongiques : Les blépharites à mycosiques (candidose, cryptococcose, blastomycose…) sont rares et habituellement associées à une atteinte extraoculaire. Souvent l’infection survient chez des immunodéprimés (Sida) ou des patients utilisant des corticoïdes ou des antibiotiques à large spectre. d- Blépharites virales : L’infection à Molluscum contagiosum est caractérisée par la présence de petites lésions non inflammatoires, surélevées, cireuses, arrondies à centre creusé. Quand la lésion est au niveau ou proche du bord libre, elle cause une conjonctivite folliculaire chronique. L’exérèse ou l’expression de la lésion en permet la guérison. La verrue vulgaire peut intéresser le bord libre causant une conjonctivite papillaire et une kératite épithéliale modérées. La lésion est traitée par ablation chirurgicale. L’infection herpétique se caractérise par des vésicules sur une base rouge évoluant souvent vers l’ulcération. L’atteinte peut s’associer à une conjonctivite ou kératoconjonctivite. Le traitement vise à éviter la surinfection par une bonne désinfection et en cas de kératite on associe les antiviraux. Dans le zona ophtalmique, les paupières sont touchées par les lésions vésiculaires puis ulcératives associées aux douleurs habituelles du zona et à la kérato-conjonctivite. Le traitement repose sur les antalgiques, les antiseptiques et les antiviraux par voie générale. D’autres maladies virales peuvent toucher les paupières telles la rougeole et la varicelle. e- Blépharites parasitaires : Le morpion (poux du pubis) peut affecter le bord libre des paupières donnant des démangeaisons et rougeur de celui-ci. Les lentes (œufs) sont fixées aux cils et les adultes sont difficilement visibles du faite de leur transparence. Ces derniers sont traités par une pommade ophtalmique alors que les lentes doivent être enlevées manuellement. Le Demodex folliculorum est souvent associé aux blépharites. C’est un acarien parasite saprophyte de la base des cils et de la glande de Meibomius. L’utilisation des shampoings doux avec frottement du bord libre de façon périodique permet d’éradiquer ou de réduire le nombre de ces microorganismes. 4- Blépharites allergiques :Il peut s'agir d'un eczéma palpébral survenant souvent sur un terrain atopique ou d'une allergie de contact. Dans la dermatite de contact, qui peut intéresser les paupières, les agents irritants sont variés : les produits cosmétiques, les thérapeutiques topiques (collyres, pommades…), les plantes et certains produits chimiques. Parfois une conjonctivite folliculaire est associée. Le traitement consiste à éviter le produit allergisant qu’il faut s’efforcer à identifier et utiliser les corticoïdes locaux pour traiter l’inflammation. 5- Blépharite de la rosacée :La rosacée est une affection chronique et inflammatoire, limitée souvent à la face, Causant une éruption cutanée acnéiforme, des télangiectasies et une hypertrophie de la peau. L’atteinte palpébrale est fréquente souvent associée à une kératoconjonctivite qui fait la gravité de l'affection qui aggravée par l'association d'un dysfonctionnement des glandes de Meibomius et la blépharite staphylococcique qu’il faut traiter en associant des cyclines par voie générale et éviter les cause déclenchantes de la maladie comme le soleil, l’alimentation piquante et les boissons alcooliques. |
Chalazion externe
Chalazion interne
Chalazions multiples
Adenocarcinome sébacé
Evacuation chirurgicale du chalazion
Orgelet
Blépharite séborrhéique
Dysfonctionnement de la glande de Meibomius
Blépharite staphyloccique
Blépharite staphylo stade avancé
Molluscum contagiosum palpébral
Blépharite herpétique
Zona ophtalmique
Morpion des cils avec ses lentes
Demodex folliculorum
Eczéma palpébral
Dermite de contact aux collyres
Rosacée de la face
Rosacée de la face
kératoconjonctivite de la Rosacée
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