Je ne sais pas pourquoi
Tout ce que je fais
Tout ce que je dis
Tout ce qui m’arrive
Je n’y suis pour rien
Ce n’est pas une façon de philosopher
Je ne cherche pas à me rendre intéressant;
D’ailleurs, si cela arrivait,
Je n’y serais pour rien.
je suis étranger à ma vie
Des forces occultes la
déroulent,
Font croire au monde extérieur
Que c’est moi qui en décide ainsi,
Que je suis maître de ma vie...
Maintenant que me voici débarrassé
De cette triste vérité
Je voudrais pouvoir compter
Sur votre aimable complicité.
Ne seriez-vous pas en train de vous dire:
“ Et ce qu’il nous a raconté là, a-t-il voulu le dire
Tel qu’il nous est donné de le lire? “ ?
aa kénitra le 14/09/99

Je te salue vieille montagne des forgerons
Par les fleurons du village
Par les boutons du jardin
Et par Moha mis
Dans le sac des aliénés.
Je te salue vieille montagne des forgerons
Par tout ce qui bouge
Dans les lauriers roses
De notre marabout blanc.
Par l'eau de la Fosse à Vigne
Et par la fourmi écrasée
Par le prieur qui se prosterne
Je te salue vieille montagne des forgerons
Maudite soit la main
Qui a mal forgé mon destin.
Nombreux sont ceux qui aiment rêver en
feuilletant un atlas de géographie ou en scrutant une carte routière d’un
quelconque pays. “Le silence éternel de ces espaces infinis” ne les effraie pas,
au contraire...
>les Philippines, les Iles Marquises, le Maroc, ... Ces contrées
silencieuses sous le doigt du visiteur ont le visage, le relief, le climat que
leur donne son imagination bouillonnante. N’est-ce pas délicieux de pénétrer
dans les pays lointains sans avoir à songer ni au passeport ni aux formalités de
douane ni au grand problème d’argent ni aux bagages? Etre là, dans un fauteuil,
ou allongé sur un tapis usé et faire du tourisme à sa guise...
Madame Yan Yat syne qui habitait les environs de Pékin, rêvassait ainsi une fois. Assise en tailleur au milieu d’une pièce très simplement meublée, Yat parcourait le Maroc. Ses petits yeux se fixaient maintenant sur un petit point: Kénitra. Ses paupières se baissaient tandis qu’une foule s’agitait dans tous les sens, devant une sorte d’étalage de boucher; il lui semblait que des gens en kimonos faisaient la queue et attendaient qu’on les servît de cette délicieuse chair de chien bien rouge. La vieille Yat se réveilla brusquement et partit en “courant” vers le coffre que lui avait laissé feu son mari Yan, mort lors d’une émeute à Pékin, dix ans auparavant. Elle n’avait jamais songé à l’ouvrir mais savait - son mari le lui avait dit - qu’il contenait des livres et des papiers, entre autres.

Quand elle fut arrivée près du coffre, elle se ressaisit et se demanda pourquoi elle s’était mis à courir ainsi... Enfin, puisqu’elle était là, elle se courba et tenta de soulever le couvercle qui résista.
Le coffre était fermé.
En essayant de se rappeler où elle avait mis la clé, elle considéra le dragon qui ornait le devant du coffre. Le trou de la serrure se voyait à peine au milieu de la flamme qui sortait de la gueule de l’animal. Ce détail du trou au milieu du feu fit hésiter Yat syne. Elle se souvint que la clef du coffre était dans une boîte en bois de santal qui se trouvait dans la cuisine sur une petite étagère près du foyer. Elle alla l’y chercher; c’était une toute petite clef; la veuve la considéra un instant: l’objet avait curieusement la forme d’un dragon. Elle revint à sa place, s’assit en tailleur et se mit à réfléchir...
Elle ouvrit finalement le coffre.
Elle reconnut tout de suite un paquet de thé. Une pair de souliers tout petits. Yat les essaya; c’était sa pointure. Un coupon de tissu. Yat s’en drapa et jeta un coup d’œil sur le côté, puis sur l’autre. Les reflets noirs de l’étoffe charmèrent la bonne dame qui esquissa un vague sourire. Des livres: Histoire de Chine, des romans... Un petit livre attira son attention: Nala et Damayanti. Elle le reposa et allait refermer le coffre quand elle aperçut sous un vieux livre une liasse de papiers. la veuve les prit les épousseta , referma le coffre et retourna à sa place pour mieux les examiner.
Elle n’arrivait pas à lire.
La colline brune se trouve à deux kilomètres
d'Ait Saoun.
Le village (dont une partie est visible sur la photo ci-dessous) s'appelle Tizgui. Il se trouve à une quinzaine de Kilomètres d'Ait saoun.