Jusqu'à présent on n'a pas encore pensé à le réorganiser comme une profession dont dépendent des milliers de familles. Jusqu'à présent une législation municipale très ancienne, caduque, dépassée et non appliquée, le régit toujours par deux arrêtés municipaux datant de 1962 et un Dahir de 1963 qui ne répondent pas aux besoins actuels pour protéger les travailleurs qui sont pour la plupart de simples chauffeurs prolétarisés exploités par des propriétaires d'agréments des rentiers, des privilégiés, des intermédiaires et de loueurs de taxis « maallem chekkara » possédant des dizaines de taxis loués 24h/24h. Jusqu'à présent les professionnels n'ont pas de représentation dans les chambres professionnelles ni au parlement. Faute de mieux une pléthore de syndicats et d'associations se partagent ce secteur.
D'aucuns pensent que leur représentativité est trop sujette à caution. Le taux de crédibilité de ces instances reste à jauger. Aucune étude, aucun sondage n'est réalisé pour approcher ces catégories sociales qui ne semblent susciter l'intérêt que quand on pense à « l'image de marque touristique » étant donné que le taxi est la « vitrine » du pays, « le premier et le dernier à qui le touriste a affaire ».
Pour l'ensemble et compte tenu du fait que les chauffeurs ne possédant pas de voitures ni d'agréments sont les plus nombreux, leurs intérêts c'est une lutte pour la survie. De leur travail de forçats sont payés les propriétaires des agréments, les propriétaires des taxis, les intermédiaires et toutes les charges. Cette situation est un héritage inique d'une époque qui déprécie le travail en encourageant les privilèges.
Le mouvement de sit-in de mardi 7 novembre, déclenché suite à l'appel d'un seul syndicat de la CDT, a été suivi de telle manière qu'il a paralysé certaines grandes artères de la villes et a perturbé la circulations. Selon certains c'est seulement parce que l'appel répond aux « préoccupations profondes » des taxis drivers qu'il a pu mobiliser tant de monde. Autrement dit ceux qui ont manifesté ne sont pas forcément affiliés au syndicat en question. Des détracteurs ont même indiqué que c'est une manifestation-exhibition de muscles d'un syndicat qui n'était pas présent lors de la réunion des syndicats avec le bureau des taxis de la wilaya le 11 octobre. Un tract a été même distribué au cours de la manifestation apparemment signé par dix syndicat pour désavouer le sit-in. Derrière tout ça on devine une guéguerre entre professionnels qui ne les sert pas.
Les autorités de tutelle proposent de changer les vieux tacots Mercedes 240, d'enlever la galerie des petits taxis etc. Des préoccupations d'image de marque de la ville car les taxis en question sont souvent dans un état déplorables surtout pour le tourisme à l'horizon 2010.
« On ne se préoccupe pas prioritairement pour les usagers casablancais qui viennent de supporter sans rechigner les dernières augmentations du transport. Non c'est simplement parce le taxi est la vitrine pour le tourisme » note un taxi drivers.
Il n'en demeure pas moins que la question est pertinente même et aussi pour la sécurité car les vieilles voitures dont le dernier modèle remonte à 1984, représentent un danger permanent surtout que les propriétaires ne mettent pas la maintenance parmi leurs priorités.
Dans les rangs des taxis drivers il faut surtout actualiser le cadre juridique des travailleurs pour une plus grande protection sociale et surtout une reconnaissance du métier dont on semble ne retenir que la coercition des obligations et non les légitimes droits. Il faut commencer la « mise à niveau » par les base et non se préoccuper pour des soucis de façade. Il faut donner aux chauffeurs la possibilité d'avoir et l'agrément et la voiture. Il faut mettre fin dans ce secteur au régime des agréments donnés à des non professionnels entend-on répéter.
« Discuter les questions de changements de la voiture n'est pas le plus important, le plus important c'est réactualiser les textes qui régissent la profession » déclare Abdelhak Laabouki secrétaire général de l'Association Afak des chauffeurs de taxis. Il ajoute que si l'on veut changer de voiture et améliorer il faut donc leurs droits aux chauffeurs, leur donner l'autorisation d'exercer sans être astreints à des charges comme payer un propriétaire d'agrément.
« Nous allons demander une expertise sur la situation et le coût de l'activité du taxi avant qu'on commence à nous imposer des choses de manière anarchique » déclare El Harraq du Syndicat National des Chauffeurs de Taxis affilié à la CDT et responsable du sit-in de mardi 7 octobre.
« Si l'on veut nous imposer le changement de voitures pour l'image de marque de la ville il faut enlever les droits de douane des voitures » note Abdelkrim Charkaoui du syndicat national des taxis.
Les enjeux économiques de ce secteurs ne sont pas négligeables surtout à la veille de restructurations qui, tôt ou tard, doivent intervenir avec le grand développement de la ville, son extension à une rythme effréné ce qui ne manque pas de susciter des appétits chez des vendeurs de voitures notamment. Parmi les professionnels on soupçonne des tractations peu transparentes qui auraient entraîné la levée de bouclier des chauffeurs de taxis par le dernier sit-in qui avait bloqué les artères de la ville de Casablanca.
L'anarchie du secteur a multiples facettes. Ainsi on dit souvent dans le secteur des taxis qu'il n'y a pas plus simple pour faire un syndicat ou une association. Bien sûr on ne peut pas généraliser. Combien y a-t-il de ces conglomérats corporatistes ? 24 syndicats et 17 associations pour encadrer les 30 mille chauffeurs. C'est la balkanisation de la profession comme c'est aussi vrai pour la politique. Chaque fois qu'un cadre syndical est mécontent ou a des visées particulières, il choisit de créer son propre syndicat. Les autorités de tutelle n'y voient aucun inconvénient.
Entre les corporations syndicats et associations de chauffeurs de taxis il y a toujours des rivalités. Selon des syndicalistes les associations n'ont pas le droit de s'immiscer dans la lutte pour des revendications syndicales. C'est l'avis de Abdelhadi Samad de l'Union général de Entreprises de Professions (UGEP).
« On collabore avec des associations qui s'occupent de l'aspect social de solidarité mais chacun doit respecter ses attributions » dit-il C'est pourquoi l'information a circulé après le 11 octobre disant que les associations ont été écartées.
On connaît la suite de l'histoire : les association régissent par communiqué dans les pages locales. Vendredi 8 elles ont été reçues par un responsable de la wilaya au service des taxis. L'idée est d'écouter les propositions des association sur comment doit être le secteur. Mais les associations comme les syndicats doivent unifier leur rang au sein d'une fédération.
Dans la discussion on en est aux pourparlers et échanges de point de vue : rien sur le projet de la nouvelle voiture. Le plus important volet discuté c'est la formation pour l'obtention du permis.
Pas de discussion sur la réglementation caduque qui dit par exemple que le taxi est en droit de porter 2 enfants de moins de 7 ans comme une personne alors que les assurances disent l'inverse : quel que soit l'âge tout enfant est une personne à lui seul. Il faut donc réactualiser les arrêtés municipaux.
Les agréments doivent revenir aux professionnels. La moyenne de loyer de l'agrément est 2000 DH payés pour 15 mille taxis environ. Pour améliorer l'image de marque, il est nécessaire de penser aux chauffeurs les tout premiers. La question des privilèges doit être définitivement écartée du secteur. Les chauffeurs les plus responsables racontent des histoires les plus saugrenues : des personnalités très en vue ayant d'éminents postes de responsabilité, de gros salaires, possèdent des agréments de taxis à Casablanca. Il n'y a pas uniquement les personnes et familles dans le besoin, des handicapés par exemple.
Selon des estimations des professionnels le gasoil est payé plein tarif alors qu'on aurait pu créer une coopérative et économiser entre 40 et 50 Dh par jour. Selon le mêmes sources on paie 164 milliards de gasoil et 6 millions d'huile, 11 millions de DH d'assurances et deux milliards chaque deux ans pour la Santé (100 Dh tous les deux an payés par 30 mille chauffeurs environ pour être contrôlés pour l'hépatite C, les maladies infectieuses et la grippe mais sans bénéficier d'aucun de ces services.
Pour l'association Afak des chauffeurs de taxis on parle d'une proposition pour supprimer la galerie : donner à une société de faire de la pub sur les taxis en contrepartie du règlement du problème de la CNSS pour les deux chauffeurs et la peinture du taxi une fois par an. Mais il y a une article de la réglementation qui défend la pub.
Pour Abdelhadi Samad de l'UGEP cité plus haut il n'y a jamais eu question lors de la rencontre du 11 octobre de projet nouvelle voiture.
« Il a toujours été question de renouvellement du parc mais lors de la réunion du 11 octobre il n'était pas question de nouvelle voiture Partner ou Kangou ». Il y avait onze syndicats réunis sauf le syndicat qui représente ceux qui ont organisé le sit-in »
Selon la même source les points débattus lors de la réunion il y a d'abord la question de la location de l'agrément. On demande un « contrat type avec les mêmes conditions et tarifications » pour retirer les agréments de la main-mise des intermédiaires qui profitent du vide juridique et de la loi de l'offre et de la demande, un contrat de cinq ans renouvelables. Il faut l'arbitrage de la wilaya pour ne plus recourir aux tribunaux. L'article 2 de l'arrêté municipal dit que l'agrément ne peut être loué à des tiers. La carte grise doit être au nom de l'exploitant du taxi et non comme aujourd'hui au nom du propriétaire. Il a été discuté la formation des chauffeurs nouveaux et anciens. Aussi le point concernant les centres de pointage du taxi concentrés à Casa-Anfa, pour les grands taxi à Sidi Belyout et El Hank et pour le petit taxi rond-point Brahim Roudani, Sade d'Honneur, Bachkou dans la rue tous dans la rue. Les bureaux de pointage doivent exister dans toutes les préfectures. Le pointage va devenir électronique apprend-on mais quand ?
Les chauffeurs doivent porter un badge pour donner la chasse aux faux chauffeurs de taxi. « La brigade de police spéciale pour le contrôle des taxis doit être réactivée pour permettre plus de respect des clients par des chauffeurs de taxis qui fument à l'intérieur du taxi, sont mal habillés manquant à la bienséance » etc.
« La distinction de la couleur du taxi de Casablanca a été revendiquée depuis l'année 2000 à cause des clandestins et les taxis des autres villes qui viennent grossir le nombre des Casablancais. On ne sait plus qui est qui. On a l'accord du wali et du conseil de la ville pour une marque de distinction »
Changement de véhicules
« Nous répondons que nous ne pouvons pas acheter de voiture neuve nos moyens ne le permettent pas. On apprend qu'une réunion avec les responsables du ministère de l'Intérieur aura lieu pour parler des changements dans le secteur.
L'opinion