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| Economie |
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| Réforme portuaire au Port de Casablanca : Les manutentionnaires privés craignent un monopole de fait de la SODEP |
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Le 24-10-2006 |
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Les activités de manutention à bord et à quai devraient disparaître à partir du 5 décembre au Port de Casablanca. C'est à partir de ce jour que la réforme portuaire entrera en vigueur. Cette réforme scinde en deux l'Office de l'exploitation des ports (ODEP) pour donner naissance à l'Agence nationale des ports (ANP) et la Société d¹exploitation des ports (SODEP).
Cette loi permettra une meilleure qualité de services, une réduction du coût de passage portuaire, une détermination des responsabilités au sein du port et un meilleur service pour les armateurs. C'est ce qu'ont indiqué dernièrement, lors d¹une rencontre débat autour de cette réforme, le ministre de l'Equipement et du Transport Karim Ghellab, le directeur général de l¹Office d'Exploitation des Ports (ODEP), Mohamed Benabdeljalil, le directeur des ports de Casablanca et de Mohammedia, Mohamed Benjelloun, des représentants d¹associations professionnelles et des opérateurs économiques. Cependant la mise en ¦uvre de cette loi a suscité des craintes d¹une concurrence déloyale de la part de la SODEP, qui héritera de toutes les infrastructures commerciales de l¹ODEP.
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Craintes des opérateurs du secteur :
En ce qui concerne les activités de manutention, le ministère a avancé trois propositions. La première indique que le terminal Tarik sera destiné à la manutention des conteneurs, le terminal Roulier pour la manutention des TIR, des véhicules et des remorques et le demi Môle des agrumes composé des quais de la série 50, de 100 ml de quai du tableau et de la moitié des terres-pleins du Môle, pour y manutentionner du vrac et du divers. La deuxième souligne que le terminal Tarik sera réservé pour la manutention des conteneurs, le Terminal Roulier pour la manutention des TIR, des véhicules et des remorques et l¹ensemble du Môle des agrumes pour y manutentionner du vrac et du divers. La troisième proposition consacre le Terminal Tarik à la manutention du vrac et du divers et les quais des postes 40 et les terres-plains du Môle des agrumes pour la manutention des conteneurs. «Aucune de ces propositions n¹est conforme à l¹esprit de la loi. Au contraire elles conduiraient tout simplement à la disparition des entreprises de manutention privées nationales», a indiqué, lors du débat, sur un ton sec, le commandant Mohamed Karia président de l¹ASSAMAT, précisant que le projet de concession portuaire présenté par le ministère de tutelle «seulement deux mois avant l¹entrée en vigueur de la réforme a été jugé inacceptable par l¹Association des agents maritimes consignataires de navires et stevedores du Maroc et par la société Consorport regroupant la COMANAV et IMTC».
Polémique autour du Grand Terminal Est de Casablanca
Ceci en plus, a-t-il soulevé, de «la nette préférence accordée à la SODEP, avec une exclusivité d¹opérations de grands navires au grand Terminal Est de Casablanca». «Dans ces conditions, a-t-il signalé, le plan proposé ne répond pas aux objectifs fixés par la loi à savoir la compétitivité et la concurrence et ne tient pas compte de l¹antériorité et du savoir des stevedores existants et des tonnages déjà opérés par ces derniers et du social».
Du côté du ministère de l¹Equipement et du Transport, K. Ghellab rassure que la transparence et la concurrence loyale seront les règles sur lesquelles se base l¹ensemble du processus. Il a rappelé que le port de Casablanca enregistrait dans le passé «beaucoup d¹investissements, notant que son organisation est toutefois devenue, avec le temps, archaïque, avec des missions qui ne sont pas claires, une main d¹oeuvre volante et non salariée, une situation de monopole, de sureffectif et de surcoût».
Lors de la même rencontre débat, il a estimé que l¹ouverture en juin 2007 du port Tanger-Med occasionnera une migration de 30 % des activités du port de Casablanca vers le nord (estimation jugée très exagérée par les opérateurs du secteur). Cette ouverture, a ajouté le ministre, devrait inciter à la réforme du port de Casablanca, une réforme qui doit défendre la place de choix de ce port.
De leur coté, Benabdeljalil et Benjelloun ont donné d¹autres explications sur la mise en ¦uvre de la réforme et les dispositions de la loi.
Après avoir passé en revue l¹organisation actuelle du port, ils ont rappelé le cadre et les objectifs de la négociation entre l¹Administration et les principaux opérateurs.
Le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Moulay Hafid Elalamy, a, à ce propos, salué cette réforme et indiqué que la Confédération était, d¹abord, soucieuse de s¹assurer que les intérêts des professionnels seraient préservés.
La CGEM est favorable à cette réforme, d¹autant plus qu¹elle jouit de l¹appui et de l¹accompagnement de l¹Etat, a-t-il affirmé.
La mise en ¦uvre de cette loi (15-02) a fait l¹objet, dernièrement au siège de la wilaya du Grand Casablanca, d¹un débat entre le ministre de l¹Equipement et du Transport, le directeur général de l¹Office d¹Exploitation des Ports (ODEP), le directeur des ports de Casablanca et de Mohammedia, les représentants d¹associations professionnelles et plusieurs opérateurs économiques.
Il importe de rappeler dans ce cadre que la ville de Casablanca, poumon de l¹économie nationale, imprime à son port un rythme effréné d¹activité. Le port traite 40 % du trafic portuaire national, soit environ 20 millions de tonnes par an. Il s¹étend sur une superficie de 605 hectares offrant plus de 6 km de linéaires de quai. Le port peut traiter simultanément jusqu¹à 35 navires commerciaux. Le tonnage annuel transitant par le port est de 20 millions de tonnes correspondant à une moyenne de 3400 escales.
En plus des terminaux spécialisés, il dispose d¹une infrastructure de pêche assurant le transit des produits de la mer, et des installations spécifiques mises à la disposition des opérateurs pour la réparation navale.
AL-Bayane (
Belkassem Amenzou )
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