La légende continue. Nass
El Ghiwane refuse de
vivre sur ses acquis et sort un
nouvel album. Intitulé Nehla
Shama, cet opus est le pur produit
de la relève puisqu’il est
le fruit de la collaboration de
Rachid et Hamid Batma et
Chifa Abdelkrim. Nehla Shama
en est le single phare.
Cette qassida, écrite par Hadj
Thami El Mdeghri et traduite
en français en 1930 par
Mohamed El Fassi, raconte
l’histoire de la reine des abeilles qui s’en va trouver le sultan pour lui dire les mensonges
dont l’entourent ses ministres et la véritable souffrance de son peuple.
Nass El Ghiwane en a entendu parler pour la première fois en 1985, de la bouche de feu Hassan II. Rachid Batma la retrouve, vingt ans plus tard, chez un artisan à Hay Mohammadi, passionné de melhoun. Produit par Platinium Music, l’album
Nehla shama est actuellement dans les bacs.
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Histoire :
Au début de l'année 1970 cinq artistes du même quartier(Hay elmohamadi) à Casablanca la plus grand ville au Maroc,vont creés un groupe musical qui l'appelant Nass el ghiwan,qui va déclencher une des plus belles révolutions musicales au Maroc . Ils s'appellent: Omar Sayed, Larbi Batma, Boujmaa, Alal Yaala, Abderhmane Paco
Nasse El ghiwane ne peuvent être confinés aux personnes qui formaient ce groupe mythique. La pratique des ghiwane est une coutume ancestrale qui conférait à des gens connus pour leur probité
et leur modestie la faculté de décrire par le chant et la parole la vie quotidienne, les problèmes et entraves de leurs semblables.Ces troubadours, de douars en douars, transmettaient leur savoir par l'entremise de la poésie, du chant et du jeu théâtral.
Considérée comme révolutionnaire ou comme phénomène de société, la formation mythique que Martin Scorsese, le réalisateur americain, a décrite comme les Rolling Stones de l'Afrique continue à produire après presque 30 ans d'existence. Le groupe continue à émouvoir aussi bien les nostalgiques qu'une tranche appréciable des jeunes. Dignité , humilité, talent à l'état brut. Histoire d'un mythe.
Au début des années 60, un quartier de Casablanca, Hay Mohammadi, haut lieu de la résistance marocaine , enfantera les cinq garcons qui vont révolutionner le champ artistique marocain. Omar Sayed et Boujemâa -dit Boujemiî- habitaient Derb Moulay Cherif, Larbi Batma était issu du kariane Jdid, et cette proximité culturelle et affective a été le ciment de ce groupe. Ils ont débuté leur carrière dans la maison de jeunes du Hay non loin du café Essaâda que Larbi Batma évoque comme le fief de la formation dans son autobiographie "arrahil". Ils rejoigent ensuite la troupe de Tayeb Saddiki et introduisent dans son répertoire dramatique des chansons telle la mythique "qittati Essaghira".
L'idée de créer un groupe a germé dans l'esprit de Larbi Batma et de Boujemiî lors d'une tournée théâtrale en France dans une volonté de perpétuer ce que leurs ancêtres ont transmis de génération en génération. Le premier Show eut lieu à Casablanca dans le restaurant le Nautilus à Ain Diab. Mais la consécration aura lieu au théâtre Mohammed V à Rabat en 1971. Les spectateurs étaient ravis, car emportés par le rythme et enthousiasmés par des textes qui les touchaient directement. Tout le monde sentait cette opposition symbolique entre deux genres de chansons : l'une conventionnelle et statique, l'autre militante et prometteuse. Les nouvelles chansons de Nass El Ghiwane avaient pour titres : "Çiniya", "Ya bani l insân", "Ahl el hal".. Par son approche insolite, le groupe Nass El Ghiwane s'inscrivait d'emblée dans un mouvement de réaction contre la "chanson âsriya" qui languissait dans d'interminables plaintes d'amour et ennuyait par son caractère relativement figé ; et s'attache à créer un ton véhément en parfaite osmose avec les nouveaux textes.